La navigation de nuit depuis Mustique s’est bien passée. Je craignais une houle importante dans le canal entre Saint-Vincent et Sainte-Lucie. Mais elle n’était pas au rendez-vous, au contraire des dauphins qui sont une nouvelle fois venus jouer dans notre étrave au coucher du soleil. On ne s’en lasse pas. En revanche quel courant ! J’ai dû sans cesse modifier notre cap pour rejoindre Sainte-Lucie durant cette nav’ agréablement ventée. Sous le vent de l’île, les moteurs ont été rallumés, jusqu’à ce que nous rentrions au petit matin dans le canal entre Sainte-Lucie et la Martinique.
L’arrivée au Marin se fait dans des conditions rocambolesques. Nos téléphones portables, qui captent à nouveau nous permettent de rentrer en contact avec notre loueur. Sa base technique étant située au Marin, je pense pouvoir obtenir facilement une place au ponton. Erreur, l’état d’alerte a été diffusé en raison de la tempête tropicale à venir. Tout le monde rentre au port. Pas beaucoup de place pour poser l’ancre hors de la mangrove et, semble-t-il, pas de bouée de mouillage disponible. Finalement, après s’être faits narguer par des hommes de la capitainerie en dinghy se prenant pour la police de l’eau et n’ayant même pas récupéré un de mes équipiers tombé à l’eau avec la gaffe, nous prenons une bouée. Grosse colère de ma part alors envers les justiciers de l’amarrage !
Le loueur nous offre finalement une place au ponton vers midi, après que nous ayons insisté sur l’impossibilité de bouger de notre bateau en raison de l’état de l’annexe. Réparer l’annexe est d’ailleurs la principale activité de notre après-midi. Fibre de verre, résine, catalyseur, peinture, colle et rustine sont soigneusement utilisés pour rendre l’annexe en meilleur état que lorsque nous l’avons reçue. C’est aussi l’occasion de demander à la base technique un pare-batt’ en remplacement de celui que nous avons perdu. C’est également le moment de changer le feu de retournement (normalement accroché à la bouée de sauvetage). Un équipier l’a découverte remplie d’eau et inutilisable il y a déjà plus d’une semaine. Un système de fortune le remplaçait depuis.
La tempête tropicale annoncée arrive sur l’arc antillais très prochainement. Je ne sais pas si nous pourrons reprendre la mer demain.
Yann Le Moignic, invité du Blog de la Mer. Photo : Olivier Tillieut.
NB : Yann nous livre son témoignage de jeune skipper lors d’une croisière de 15 jours entre la Guadeloupe et les Grenadines (cf. Catégories / Journal d’un skipper amateur). Pour suivre le fil du récit, lisez d’abord les notes les plus anciennes.
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