Battre le record de Charlie Barr n’aura pas été chose facile, même pour Mari Cha, géant moderne. Nous sommes passés très près de l’abandon avant de trouver les solutions, puis remonter le handicap sur notre adversaire Maximus, puis finalement l’emporter dans le brouillard de l’île de Wight.
Face au vent, sous la pluie, dans le brouillard et surtout face aux vagues pendant la majeure partie de la course, Mari Cha a souffert comme jamais auparavant. Face aux vagues, l’étrave s’élevait de plus de 3 mètres avant de retomber dans un fracas ahurissant. Chaque saut mettant la coque et le gréement à l’épreuve.
Malgré les chocs énormes, la coque donne la sensation de résistance d’un coffre-fort, mais la chaîne de résistance aux efforts s’est rompue au niveau du gréement. Pendant près de 24 heures nous n’avons navigué que sous voile de cap et tourmentin (2 petites voiles de tempête) et avons sérieusement envisagé de faire route vers Terre-Neuve.
La satisfaction de rallier l’autre rive est donc d’autant plus grande. Contrat rempli, Mari Cha bat le record de Charlie Barr. Voici un petit texte de Mister Miller propriétaire de Mari Cha qui évoque bien l’ambiance à bord (pour ceux qui ne parlent pas l’anglais : dommage !) : « Not only has the weather been in our face for the first six days making life extremely difficult, but since then we have always been sailing close to the limit which means that there is the risk of hurting the boat and the crew. At times, I've felt that perhaps the ghost of 1905 Charlie Barr is looking down on us and enjoying every bit of hardship we are encountering. But not time to dwell on that as we have a race to win. The competition this time has also been tough, but I must say enjoyable - Maximus and ourselves have spent the whole race running close together and have been, at times, only 15-20 miles apart. As I write, Mari-Cha IV is a little over a day away from the Lizard. Therefore, fingers crossed that it's time for a good finish and a new record soon to emerge.”
Si battre ce record ne représente que peu de valeur sportive, nous donnons tout de même « un réel coup d’éponge sur l’histoire », et la simple satisfaction de rejoindre l’autre rive, après être passé si près de l’abandon, est grande. Amitiés.
Sidney Gavignet, invité du Blog de la Mer.
NB : Sidney est membre de l’équipage ABN AMRO qui disputera la Volvo Ocean Race « 2005-2006 ». Depuis mars 2005 (cf. archives), Sidney nous fait part de son vécu dans la préparation de la course qui s’élancera le 12 novembre prochain de Vigo. Pour suivre le fil du récit, lisez d’abord les notes les plus anciennes.




