Le réveil est difficile pour presque tous sur le bateau. J’ai la bouche pâteuse et probablement le regard glauque. Nous partons néanmoins vers 8 heures 30 de Port-Elizabeth pour Petit-Nevis, île rattachée à Bequia. Nous utilisons le moteur pour remonter au vent. Je n’ai pas l’envie de tirer des bords ce matin, malgré la demande fondée d’une équipière en ce sens. Je me reprends encore à deux fois pour mouiller correctement, ce qui n’est pas aisé en raison de la caye (récif dans l’argot mari antillais) qui nous entoure et de la houle qui nous remue. Petit-Nevis, île-village de baleiniers est vide d’hommes mais envahie de moustiques. Nous profitons du lieu pour faire du PMT (palmes-masque-tuba), en prenant garde au fort courant.
Je gagne à cette escale le sobriquet de skippy l’ourson, sans qu’il y en ait une raison précise, si ce n’est l’imagination débordante et encore probablement légèrement alcoolisée de quelques équipiers. Nous mangeons en attendant que les grains passent. Ils nous permettent également de nous dessaler après notre séance de snorkeling (appellation anglophone du PMT).
Nous avons pour projet de descendre ensuite vers Union, une des plus grandes îles des Grenadines. Mais le vent est faible et l’allure peu adéquate. Après discussion avec Amandine « l’organisatrice », avec qui je suis seul sur le pont durant une bonne partie de cette nav’, je décide de faire étape à Canouan, île un peu plus au Nord. La prise de coffre à Charlestown Bay se déroule sans souci. Enfin ! Nous nous retrouvons non loin d’un hôtel pour touristes huppés dans lequel nous finissons par manger. Quoi donc ? Pizza ou pâtes bien sûr !
Yann Le Moignic, invité du Blog de la Mer. Photo : Olivier Tillieut.
NB : Yann nous livre son témoignage de jeune skipper lors d’une croisière de 15 jours entre la Guadeloupe et les Grenadines (cf. Catégories / Journal d’un skipper amateur). Pour suivre le fil du récit, lisez d’abord les notes les plus anciennes.





