Le 5 juillet 2002, j’embarque pour la première fois de ma vie sur un voilier. La navigation durera dix jours. Avant de partir, je ne sais pas si je serai sujet au mal de mer ni si je supporterai la promiscuité. J’affronte l’inconnu sans appréhension. Par touches successives, ce témoignage en 16 épisodes relate la vie quotidienne sur le Belem, son organisation et les petits à-côtés qui pimentent la traversée. Aujourd’hui, 16ème et dernier épisode : retour sur le plancher des vaches.
Dimanche 14 juillet 2002, à 9 heures sonnantes, le Belem franchit le sas d’entrée de l’un des bassins du port de Saint-Nazaire. L’odyssée atlantique s’achève. Une foule compacte nous accueille, au son du biniou et de la bombarde du bagad de Lann Bihoué. Au pied de la passerelle, un fort contingent de stagiaires des précédentes étapes nous attend. La grande famille du Belem se retrouve le temps d’une photo souvenir. La boucle est définitivement bouclée.
Je foule le sol, l’esprit apaisé, tout heureux de ma nouvelle découverte. Juré, promis, j’y retournerai. Effectivement, j’y suis retourné l’année suivante pour un trajet entre Le Havre et Malaga (Sud de l’Espagne) avec escale à Brest, soit 10 jours de navigation. Elle fut côtière pour l’essentiel. Conclusion : je préfère la haute mer, là-bas avec pour horizon la mer, rien que la mer.
Yann Saint Caradec, le Blog de la Mer.